Différence entre résolution et résiliation

La différence entre la résolution et la résiliation concerne les effets liés à la fin du contrat. La résolution, c’est l’anéantissement rétroactif du contrat tandis que la résiliation est l’annulation pour l’avenir des effets du contrat. Dans les deux cas, la fin du contrat peut être d’origine conventionnelle ou judiciaire selon les circonstances dans lesquelles les parties se trouvent et selon leur choix.

Les définitions de la résolution et résiliation

La résolution et la résiliation sont prévues par les articles 1224 et suivants du Code civil.

La résolution : Une annulation rétroactive des effets du contrat

Dans les meilleurs des scénarios, les deux contractants à un contrat synallagmatique exécutent avec diligence leurs obligations. Toutefois, il arrive d’observer une inexécution totale ou partielle des obligations de la part d’un cocontractant. L’autre partie peut ainsi résoudre le contrat. La résolution lui permet de rompre unilatéralement le contrat.

Les causes de la résolution peuvent être prévues en amont par une clause résolutoire. Il faut faire remarquer ici que la résolution est strictement encadrée légalement, car elle peut être sujette à des abus. Ainsi, en cas de non-respect du contrat, la résolution est de plein droit. Et si un litige survient en contestation de la résolution, le juge ne fera « que vérifier » les conditions prévues par cette clause.

La résiliation du contrat : Une annulation pour l’avenir des effets du contrat

La résiliation est l’anéantissement pour l’avenir des effets du contrat. Elle est principalement observée dans le cadre des contrats à exécution successive tels que le contrat de travail, le contrat d’assurance, le contrat de bail ou le contrat de dépôt pour ne citer qu’eux en exemple.

Ce qu’il faut savoir, c’est qu’on observe 3 catégories de résiliation :

    • La résiliation de plein droit
    • La résiliation amiable
    • La résiliation judiciaire

La résiliation est de plein droit lorsque les parties ont prévu une clause de résiliation dans le contrat. Cette clause doit ainsi prévoir les faits convenus par les parties pouvant engendrer une résiliation. Elle est amiable lorsque les parties décident de la rupture du contrat en cours par anticipation au moyen d’une convention (mutus dissensus).

Elle est judiciaire lorsqu’une partie demande au juge de prononcer la résiliation suite à des manquements graves aux obligations issues du contrat. La résiliation peut également être amiable ou judiciaire. Les parties ont la possibilité de prévoir la résiliation dans une clause de résiliation.

Les différences entre la résolution et résiliation

La résolution et la résiliation entraînent toutes les deux la rupture du contrat. Toutefois, elles sont soumises à des régimes tout à fait différents.

Les causes de la résolution et résiliation du contrat

Selon l’article 1226 du Code civil, la résolution peut résulter de trois facteurs. En effet, l’une des parties peut avoir commis une violation des termes du contrat prévue par la clause résolutoire. Il peut s’agir par exemple, de l’existence de troubles du voisinage ou de la dégradation des lieux loués dans le cadre d’un contrat de bail d’habitation.

Ensuite, soit on observe une inexécution grave du contrat et la résolution fait intervenir le juge, soit le créancier résout lui-même unilatéralement le contrat en notifiant le débiteur.

La résiliation quant à elle résulte de la faute grave commise par l’une des parties que cela soit dans un contrat à durée déterminée ou indéterminée. Cette faute doit être suffisamment sérieuse et réelle pour empêcher la poursuite de l’exécution du contrat.

Dans le cas contraire, on dit que la résiliation est abusive. Il est nécessaire d’ajouter qu’un contrat à exécution successive et à durée indéterminée a vocation à faire l’objet d’une tacite reconduction à l’arrivée du terme (Ex. : renouvellement du bail commercial, reconduction du contrat d’assurance, reconduction du contrat de travail, etc.). Le contrat doit être résilié pour éviter cette reconduction. Il convient de préciser ici par ailleurs que les engagements perpétuels sont interdits en droit français.

Les conditions de la résolution et résiliation du contrat

    • La résolution du contrat : Les conditions

La résolution ne peut être abusive. En d’autres termes, elle doit respecter des conditions de fond et de forme. En effet, tant dans le cadre d’une résolution judiciaire ou conventionnelle, une résolution doit être justifiée par des manquements prévus dans la clause résolutoire ou à défaut de clause résolutoire par des inexécutions jugées manifestement graves. L’inexécution doit également être imputable à une partie au contrat comme le débiteur.

Il faut noter que même si l’inexécution provient d’un cas de force majeure et donc non voulue par le débiteur, il est toujours possible de recourir à la résolution. En outre, le caractère grave de l’inexécution est apprécié au vu des faits par le juge saisi qui peut prononcer la résolution avec ou sans les dommages et intérêts. Si le cocontractant a subi des préjudices du fait de l’inexécution, les dommages et intérêts peuvent ainsi être prononcés.

La résolution unilatérale doit respecter des conditions de forme notamment de notification. Ici, ce qu’il faut bien comprendre c’est que le créancier doit faire une mise en demeure infructueuse du débiteur. Cette mise en demeure doit sommer expressément le débiteur d’exécuter ses obligations et expliquer les raisons de l’exercice de cette résolution. La notification peut se faire par voie extrajudiciaire telle que par voie d’exploit d’huissier et par lettre recommandée avec accusé de réception.

    • La résiliation du contrat : Les conditions

De même que la résolution, la résiliation ne doit pas se baser sur des motifs futiles et non fondés. Selon l’article 1134 du Code civil : « Les conventions ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel ou pour les causes que la loi autorise ».

À titre d’illustration, le droit au renouvellement du bail commercial peut être refusé au locataire pour des motifs graves et sérieux tels que la sous-location non autorisée, le retard de paiement de loyers, le changement de destination des lieux …

Il faut constater qu’en présence d’une clause de résiliation l’existence d’un écrit prévoyant le motif de résiliation est nécessaire. La clause de résiliation ne produit des effets que deux mois après un commandement de payer demeuré infructueux. La partie voulant la résiliation doit ainsi respecter un délai de préavis ou de congé en matière de bail commercial. Elle a aussi l’obligation de payer les frais de résiliation convenus s’il y en a.

Les effets de la résolution et résiliation du contrat

La résolution et la résiliation mettent fin au contrat. Cependant, c’est dans le caractère rétroactif ou non des effets de la fin du contrat que réside la véritable différence entre les deux.

    • L’effet rétroactif ou non de la rupture des liens contractuels

La résolution a pour effet de remettre les parties au statut quo ante, c’est-à-dire avant la signature du contrat (Voir notre cours complet sur les effets de la résolution du contrat). Dans cette perspective, le contrat est considéré comme n’ayant jamais existé et les parties doivent restituer ce qu’elles ont reçu ou l’équivalent s’il est impossible de les restituer.

Il faut cependant faire une distinction entre les prestations tendant à l’exécution complète du contrat et celles qui ne trouvent leur utilité qu’au fur et à mesure de l’exécution du contrat. Pour les premières, la restitution doit être totale. Par contre pour les secondes, seules les prestations n’ayant pas reçu de contrepartie sont restituées.

La date de la résolution est fixée par la clause résolutoire ou par le juge dans son jugement. Elle peut être également fixée à la date de réception de la notification par le débiteur.

En revanche, la résiliation n’a des effets que pour l’avenir. Cela tient du fait qu’elle concerne les contrats à exécution successive. Le locataire ne pourra pas en effet restituer les avantages qu’il a tirés de la location.

De même, l’employeur ne peut opérer la restitution du travail de l’employé. Les effets de la résiliation commencent à partir du jugement ou à partir de la date des effets du préavis. Par ailleurs, le juge peut fixer souverainement cette date.

    • Le paiement de dommages et intérêt pour résolution ou résiliation abusive du contrat

La résolution et la résiliation prononcées par le juge peuvent être accompagnées d’un paiement de dommages et intérêts si la partie qui demande la rupture du contrat a subi des préjudices du fait des manquements aux obligations. C’est aussi le cas si le créancier qui a résolu unilatéralement le contrat ne démontre pas que l’inexécution était suffisamment grave. Il peut aussi dans ce cas ordonner l’exécution forcée du contrat. Il s’agit d’un contrôle du juge a posteriori à la demande du débiteur.

Toutefois, certaines clauses résolutoires ou clauses de résiliation peuvent aussi prévoir le paiement d’indemnités en cas de résolution ou résiliation.

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